Mauricio Kagel (1931-2008)

«Quand on a compris le mot composer («componere»)… on peut utiliser des matériaux sonores ou non. Vous pouvez composer avec des acteurs, des tasses, des tables, des omnibus et des hautbois; vous pouvez aussi composer des films en fin de compte.» M.K.

Avec un catalogue de près de 200 opus, riche de compositions pour orchestre, voix, piano, formations de chambre, d’œuvres scéniques, de 11 pièces radiophoniques et de 17 films, le compositeur, chef d’orchestre et réalisateur Mauricio Kagel s’est affirmé comme un des artistes capitaux du 20ème siècle.

Mauricio Raul Kagel naît le 24 décembre 1931 à Buenos Aires. À la suite de riches études musicales, il expliquera avec son ironie mordante typique, qu’il s’est formé à la composition en autodidacte, au contact de professeurs aux dons pédagogiques insuffisants.

Parallèlement, il étudiera la philosophie et la littérature auprès d’un professeur, enfin à la hauteur, puisqu’il s’agissait de Jorge Luis Borges ! Il est à la fois, animateur culturel, critique d’art, co-créateur de la Cinémathèque argentine et chef d’orchestre au Théâtre Colon. En 1957, Kagel s’exile en Allemagne où il résidera jusqu’à la fin de sa vie. Il se fait le porte-voix d’une culture, d’une conception de la musique et de la vie étrangères à celles qui sont en honneur dans l’Occident chrétien bien pensant.

Mauricio Kagel était aussi un universaliste tel qu’on en trouvait au 16ème siècle. Véritable «Tour de Babel» qui pouvait se plonger, avec un égal délice, aussi bien dans la correspondance de Brahms, que dans la vie des esquimaux ou dans l’étude de la Kabbale… sceptique par conviction — « impossible de croire si on n’est pas sceptique» — il juge l’humour plus sage que la fidélité aveugle et ne craint pas l’autodérision.

Il meurt le 18 septembre 2008, à Cologne (Allemagne).

L’œuvre, «Eine Brise», est une performance fugitive, crée par Mauricio Kagel en 1996 pour 111 cyclistes. Lors de la « Fête de la Musique », qui s’est déroulée le 21 juin dernier à La Chaux-de-Fonds (Suisse) et en prélude au « Festival Kabaret Kagel », en hommage à ce dernier, près de 80 cyclistes se sont prêtés au jeu, avec humour et enthousiasme ! L’été était bien là et la fête fut belle. Un nombreux public, massé au bord du boulevard Léopold Robert, a soutenu bruyamment les « performeurs ».

A propos Anaïs

saxophoniste et compositrice de musique électroacoustique. Pour plus d'informations, voir la page CONTACT & PROFIL
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